Le XIXème siècle
est marqué par plusieurs donations à l’église de Court-Saint-Etienne.
Offert par le comte d’Auxy vers 1850, le triptyque est attribuée à l'école
brugeoise du XVIe siècle. Cette huile sur chêne mesure 120 cm de haut et 173
cm de large. Elle représente au centre le Christ en croix sur le Golgotha, sur
le volet gauche le portement de la croix et sur le volet droit la descente de la
croix et la mise au tombeau. Sa restauration est récente.
Au centre, le
Christ en croix est entouré, à gauche, par la Vierge, les saintes Femmes et
Saint Jean, et, à droite, par trois soldats dont saint Longin. Au bas de la
croix, se trouve Marie-Madelaine. A l'arrière plan, le paysage est constitué
par des remparts d’une ville et un paysage vallonné.
Un cortège
sort d’une la porte d'enceinte de ville. A l'avant plan, Véronique tend un
voile au Christ terrassé sous le poids de la croix. Un garde s’appuie sur
celle-ci. Derrière, Jean et la Vierge observent la scène.
On distingue
deux cavaliers dominant la scène.
Le Christ est déposé
au tombeau par deux hommes. A sa tête se trouve Joseph d'Arimathie; aux pieds,
alors qu'on devrait trouver Nicodème, un aide lui est substitué. A gauche, une
sainte Femme est agenouillée. A l’arrière on retrouve la Vierge et Saint
Jean.
Vers 1500, la
diffusion de plus en plus grandes des gravures aura une influence sur la
peinture. Dans ce cas-ci nous trouvons une évidente source d'inspiration dans
trois gravures de Dürer datées de 1509 et 1512. Le triptyque n'est cependant
pas une copie conforme. Les modifications sont dues à la transpositions des
gravures dans le cadre plus étroit des volets (resserrement général de la
composition, disparition de personnages secondaires voire principaux). D’autre
part, des modifications stylistiques témoignent du milieu de travail du
peintre. Ceci permet d’attribuer le tableau à l’école brugeoise du XVIème
siècle. Tout indique que ce tableau est peint avec encore l’héritage de
l’art de Memling mais déjà les influences d’une première Renaissance des
ateliers brugeois d’A. Benson et A. Ysenbrant. La date approximative de 1540
peut être avancée, moment où coexistent dans l’école brugeoise ces deux
tendances.
Bibliographie:
DE
CORTE E., 1984.
Le mobilier de l’église St-Etienne Chronologie générale. In : Le Folklore
Brabançon, n° 241-242 . pp 441 à 444.
DEPREAY
P., 1984.
Triptyque de la Passion. In : Le Folklore Brabançon, n° 241-242 . pp 461 à
466.
LEFEVRE
PH.-J., 1948 (?).
Histoire de Court-Saint-Etienne. Inédit, 725 p.
J. PH. LEFIN
10/03/2002