Proche du centre historique de Court-St-Étienne, le territoire du petit hameau de Suzeril se trouve en grande partie sur le flanc Est de la vallée de la Thyle. La plupart des habitations longent la rue de Sart, située à mi-pente du versant, à l’abri des vents du plateau du Chenoy (alt 120-130m ici) et de l’humidité du fond de la vallée (alt 65-70m).

Vue aérienne de Suzeril (photo Google Earth)
Vue aérienne de Suzeril (photo Google Earth)

Le relief, ainsi que l’agropastoralisme, ont favorisé l’apparition de plusieurs biotopes  intéressants (1), que l’on peut observer en suivant les tronçons des balades 11, 14, 12 et 103  autour de Suzeril (2):

  • Sur la rive droite de la Thyle, une large bande marécageuse qui a été valorisée en étangs de pêche, plantations d’épicéas ou de peupliers. Certaines prairies humides sont encore fauchées ; parfois une cuvette boueuse permet à une formation végétale particulière de se développer, comme la magnocariçaie, où l’on a répertorié 45 espèces végétales. D’autres, abandonnées, ont évolué en mégaphorbiaie (30 espèces).
  • Sur les pentes, des prairies avec de vieux vergers haute tige. Certains d’entre eux sont abandonnés ; d’autres ont été régénérés ou replantés en fruitiers basse tige.
  • Autour des prés et le long de sentiers, d’anciennes haies laissées à l’abandon (30 espèces ligneuses et 40  herbacées).
  • Sur le plateau, de grandes cultures avec des plantes des champs (30 espèces).
  • Entre la rivière et le plateau, des sentiers, des chemins creux bordés de taillis à l’ombre desquels poussent, entre autres, des fougères.

La diversité de ces milieux semi-naturels profite à une grande variété d’animaux qui y trouvent refuge, nourriture et tranquillité, et qui peuvent s’y reposer et se reproduire.

Avifaune (40 espèces) : passereaux, palmipèdes, échassiers, rapaces, plus quelques migrateurs.

Mammifères : si les mulots, campagnols, taupes pullulent dans la région, des traces, laisses, coulées ou débris signalent le passage de plus grands animaux : lapins, renards, castors, chevreuils…

Les prédateurs (buses, renards, hérons…) qui vivent dans ces écosystèmes montrent que les chaînes alimentaires qui s’y déroulent leur procurent suffisamment de nourriture et que le lieu offre suffisamment de calme et de protection pour qu’un équilibre soit maintenu entre les différents maillons des chaînes. On peut donc penser que l’endroit est sain et en bon état.

La situation du hameau est intéressante également: elle se prolonge vers le NE par la forêt du Raumont puis le bois des Rêves et vers le SO vers Faux et les bois de Villers-la-Ville. La partie marécageuse se trouve en zone d’espace vert. C’est donc un élément de maillage écologique, une voie de passage.

Depuis ces observations réalisées entre 2010 et 2015, des choses ont changé :

  • Sur le plateau, on ne trouve plus les pensées sauvages, becs-de-grue, coquelicots, … la biodiversité diminue.
  • Il y a eu de nombreux déboisements, pour diverses raisons : abattage de l’aulnaie le long du sentier 103, d’une peupleraie, d’épicéas, du taillis le long de la voie ferrée, et abattages dans les propriétés privées.
  • Nombre de clôtures de prairies, qui permettaient autrefois le passage des animaux sauvages, sont de plus en plus souvent remplacées par des clôtures hautes au maillage serré infranchissables. Or les déplacements sont essentiels pour la faune car les échanges génétiques sont à la base de la survie des espèces.
  • Depuis le confinement, l’endroit est très apprécié des promeneurs et des cyclistes qui y viennent nombreux. Ils sont instamment priés de tenir les chiens en laisse, de rester sur les chemins et sentiers et de ne pas jeter dans cette belle nature cannettes, masques, ou autres immondices.

La Province du BW a compris l’importance du maillage écologique pour le maintien de la biodiversité et a demandé aux Communes de renforcer les zones qui pourraient être intéressantes pour ce projet. Le hameau de Suzeril paraît bien placé pour en faire partie, à condition que l’on veille à éviter le mitage de la zone, à préserver sa tranquillité et à permettre le libre passage à la faune sauvage.

La diversité des biotopes du territoire de Suzeril et le nombre d’espèces aquatiques, terrestres et aériennes qu’on y trouve méritent qu’on fasse tout ce qu’il faut pour préserver sa richesse.

Pairie avec cariçaie
  1. Réf : « Court-St-Étienne dans le Brabant sablo-limoneux », mémoire présenté par E. Paulet pour l’obtention du brevet de guide-nature, 2014, Société royale « Cercles des Naturalistes de Belgique ».
  2. En promenade à Court-St-Étienne, carte et carnet explicatif des itinéraires, édité par le Patrimoine stéphanois asbl, en vente dans les librairies de Court-St-Étienne ou en contactant l’asbl ici