Cette filature, appelée aussi filature de Mousty ou de Franquenies ou Van Hoegaerden-Boonen, était située à cheval sur Mousty et Court.

Vers 1835, un Anglais, Bradley Green crée une filature sur la Dyle. Il installe une roue hydraulique alimentée grâce à un barrage construit en amont pour un pressoir à huile. Mais il n’est pas heureux en affaires et vend son entreprise à trois Belges : Léopold Duray, Ferdinand Vandevin et Charles Van Hoegaerden. Les années 1847-1848 sont très dures : les ouvriers vont mendier de la nourriture dans les fermes. Ensuite la Guerre de Sécession aux États-Unis provoque l’arrêt des exportations de coton d’Amérique et par la même occasion celui des filatures belges jusqu’en 1869. Puis les activités reprennent et les années 1871-1872 sont au contraire fastes.

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En 1876, le fils de Charles, Henri Van Hoegaerden devient le seul propriétaire de l’usine. La filature s’agrandit et passe de 20.880 broches de filature en 1875 à 44.128 en 1914. Dans le milieu des années 1950, la filature possède 48.000 broches à filer et 14.000 broches à retordre qui fonctionnent sans arrêt avec trois équipes. Le personnel comprend 724 ouvriers et ouvrières et 50 employés. Elle importe chaque mois quelques 200 tonnes de coton d’Egypte, des Etats-Unis, du Pérou et du Congo. En 1974, elle produit 4.300 tonnes de filé. Le transport, depuis toujours, se fait par route, avec des chevaux dans les premières années puis par des moyens de transports motorisés, le chemin de fer étant considéré trop onéreux ! Malgré une production de très haute qualité, la filature ne peut résister à la concurrence et ferme ses portes en 1982.

Le Cercle d’Histoire d’Ottignies (CHAGO) a édité un livre (2016) et un DVD (2018) sur ce sujet.

Bibliographie : 
 – Archives du Patrimoine Stéphanois ASBL. – Michel DUBOISDENGHIEN, Derrière chez moi, Ottignies-Louvain-la-Neuve, 1993.