Pourquoi un inventaire ?

Si la commune dispose d’un recensement complet des chemins vicinaux(1), il faut avouer que l’Atlas vicinal de 1841, toujours référence légale, est aujourd’hui bien dépassé. La création des lignes de chemin de fer, l’urbanisation importante, le succès de la voiture, les contraintes agricoles ont modifié les tracés. Force est de constater qu’en 160 ans, les tracés se sont modifiés de fait sur le terrain. Certains passent au milieu des propriétés privées (jardins, maisons, champs cultivés ou pâtures), ont disparu, ou sont devenus des routes nationales. D’autres encore, à l’abandon, sont envahis par une végétation impénétrable.

L’historique

Depuis 1995, au départ des cartes de l’Atlas vicinal, les membres du Patrimoine Stéphanois, ont recherché sur le terrain, les sentiers et chemins répertoriés en 1841. Parallèlement, un travail dans les archives de la commune devait indiquer les modifications officielles des tracés (ventes, suppressions de passage, création de nouvelles voies). L’inventaire de 1995 a été révisé et complété une première fois en 1997. En 1998, le CREAT, centre d’études en aménagement du territoire rattaché à l’Université catholique de Louvain, a utilisé cet inventaire pour réaliser la carte des voies lentes du schéma de structure de la Commune. La publication des cartes en 2000 a, par conséquent, soumis l’inventaire des sentiers et chemins à l’enquête publique. Il a été revu selon des propositions d’ouverture de nouvelles liaisons et en relevant les incohérences avec des levés anciens. En 2000, le Patrimoine Stéphanois décide de relancer une mise à jour complète de l’inventaire en même temps qu’un recensement exhaustif des arbres et haies remarquables. En 2003, un nouveau relevé général a permis la mise au point de la 3e publication de l’inventaire. Il s’agit d’un document papier et informatisé reprenant quelque 300 fiches et identifiant plus de 100 km de voiries.

Un nouveau décret

Enfin, en 2014, un nouveau décret relatif aux voiries communales a été adopté. Ce nouveau décret prévoit une actualisation de l’Atlas vicinal de 1841, mais la patience sera encore de mise pour voir les premières actualisations officielles et le futur atlas numérique. En effet, une série de tests pilotes ont être mis en œuvre pour définir précisément la méthodologie qui sera appliquée. Ces tests doivent encore être évalués et la méthodologie choisie…

Et sur le terrain?

Nos observations se font par groupe de deux ou trois personnes… à pied ou à vélo. L’inventaire est basé sur une fiche descriptive du sentier ou du chemin. Chaque fiche mentionne les éléments d’identification et de localisation du sentier ou du chemin concerné ; elle reprend la date d’élaboration de la fiche et le nom de son auteur. Elle fournit des informations descriptives relatives à la végétation et au bâti proches du sentier ou du chemin. Elle précise dans la mesure du possible, le statut foncier des différentes parcelles concernées par le tracé.

Voici en détail les points répertoriés :  les informations générales : outre unnuméro de fiche unique, les dates du levé et les coordonnées du ou des observateurs, nous reprenons comme élément principal de distinction le numéro du sentier ou chemin de l’Atlas préfixé de CH pour chemin ou S pour sentier. Lors de la fusion des communes en 1976,  le nouveau territoire Court-Saint-Étienne s’est agrandi par l’adjonction des zones de Tangissart et de Limauge ; afin de ne pas confondre les numérotations anciennes de l’Atlas, nous les avons respectivement préfixées des lettres T et L ; 

  • les informations sur le village ou quartier : nom actuel du sentier, localisation : essentiel s’il s’agit de décrire une portion de la voirie, largeur et revêtement, description des accotementsusage observéusage possible et viabilité, état général ;
  • l’environnement : intérêt paysager, zone agricoleprairiechampscours d’eausourcemarais, zone humideboiszone d’habitat ;
    les plantes remarquables :  bien que cet élément ait fait l’objet d’un inventaire particulier (voir les arbres et haies remarquables) l’inventaire précise la présence de boisbosquetarbre isoléalignement d’arbreshaies ;
    l’aménagement du territoire : cet ensemble d’observations décrit les constructions en général, en soulignant la présence d’un patrimoine monumental, architectural petit ou grand ; on y distingue les rubriques constructionpatrimoine bâtilotissementfermechapellepotaleéglise-clochermoulin ; on y recense également la présence de lignes à haute tension, la signalisation et tout autre équipement tel que mobilier, chicanes;
  • le statut : a priori toujours à usage public, nous notons les indications d’usage privé ; ces points d’observations seront vérifiés plus tard ;
    les modifications de l’Atlas : il s’agit ici d’expliquer les raisons des modifications depuis la réalisation de l’Atlas il y a 160 ans ! Les rubriques suivantes sont complétées si possible : type de servitude, catégorie,  entraves, perte par prescription extinctive, déplacé, revendu ou supprimé, cession de la commune, propriétaire actuel et occupation ;
  • commentaires :  enfin, toute annotation libre permet souvent des descriptions inclassables ; idéalement, une photo jointe complète la fiche descriptive.
off Court Saint Etienne – le Patrimoine Stéphanois

L’après-inventaire

Dans le but de faire découvrir à nos concitoyens le splendide réseau de sentiers et chemins de Court-Saint-Étienne, notre association organise chaque année depuis 1999 une promenade printanière commentée, illustrée par une carte assortie d’un descriptif. Depuis décembre 2001, afin d’assurer à ces promenades une diffusion maximale, chaque Bulletin communal en reprend une en page centrale. Ces promenades et leurs descriptifs sont accessibles également sur notre site internet (voir les pages promenades). Chaque année, le Patrimoine Stéphanois organise quatre balades nature et patrimoine, durant lesquelles nous sensibilisons les participants à l’intérêt de ces sentiers et chemins.

Cet inventaire est aussi l’occasion d’une collaboration consultative avec des institutions officielles comme la commune (dans le cadre de demande de déplacement ou suppression de sentiers ou chemins ou lors de manifestation sportive, cet outil permet la présentation rapide d’avis) et le CREAT (cet inventaire a contribué à la réalisation de la carte des voies lentes du schéma de structure de la commune). L’inventaire est aussi le relais vers d’autres initiatives comme des travaux d’entretien et nettoyage de sentiers publics réalisés par l’unité scoute de Sart-Messire-Guillaume ou d’autres organisés par le CPAS (opération Été solidaire) de Court-Saint-Étienne

Lexique

(1) chemins vicinaux : la loi du 10 avril 1841 sur les chemins vicinaux couvre tant les chemins que les sentiers. Ils se répartissent en deux catégories : ceux dont le sol est dans le domaine de la commune et ceux qui sont établis sur le fonds des propriétaires riverains, généralement dénommés servitudes vicinales de passage. Il existe des voiries communales, non reprises dans l’Atlas de 1841.

Bibliographie

  • DUBOISDENGHIEN M., 1992. Dans les rues du village, histoire de Court, histoire tout court. Ed Quorum, 167p.
  • GUISSARD A., 2000. Projet: proposition de modifications à apporter à la loi du 10 avril 1841 sur les chemins vicinaux. Inédit Groupe Sentiers a.s.b.l. 1325 Chaumont-Gistoux. 4p.
  • MARMANN-GALLEZ F., 2001. Les voies vertes : les voies de communication de demain. In Académie d’urbanisme 2000 :  » La mobilité en Brabant wallon », Actes. Ed. Maison de l’Urbanisme du Brabant wallon CCBW 1490 Court-St-Etienne. pp 88-90.

J. PH. LEFIN 07/07/2004