L’exposition à la radioactivité

La radioactivité naturelle constitue de loin la source la plus importante d’exposition de l’homme aux radiations ionisantes. En Belgique, l’exposition à la radioactivité naturelle représente 80% de l’exposition moyenne totale de l’homme. Le radon contribue pour un peu plus de 50% de l’exposition totale! Contrairement aux autres sources d’irradiation qui sont soit inévitables, soit utiles, le radon est une source largement évitable et totalement inutile!

Origine du radon et particularités géologiques de notre région

Les roches du socle Primaire présentent des concentrations en uranium et thorium non négligeables de par leur nature argileuse (argiles, schistes, phyllades) Les zones altérées sont transformées chimiquement ce qui aura tendance à former des concentrations plus fortes encore. L’uranium et le thorium radioactifs se désintègrent en formant entre autres un gaz radioactif naturel, inodore et incolore : le radon. Les lœss, couverture argileuse d’origine éolienne,  forment un « couvercle » peu perméable au radon. Ce gaz va donc circuler dans les roches fracturées (y compris dissous dans l’eau) jusqu’à trouver comme seule issue une ouverture au niveau des vallées. Les zones de dépôts alluviaux, près des cours d’eau forment un écran étanche, et sont généralement indemne du risque de pollution. Ne sont véritablement affectées que les zones où la roche est trouvée à faible profondeur.

Physique du radon dans l’air

Dans l’atmosphère, la concentration en radon est faible et reste inoffensive pour l’environnement et la santé de l’homme. En effet, ce gaz noble(1) n’est pas métabolisé, la plus grande partie du radon inhalé avec l’air ressort des poumons sans se désintégrer. Par contre, la désintégration du radon donne naissance à d’autres éléments radioactifs qui eux sont solides et en suspension dans l’air. Ces éléments solides se déposent presque totalement dans les voies respiratoires où ils restent jusqu’à leur désintégration. Chacun des atomes des descendants du radon (222Rn, 218Po, 214Pb, 214Bi, 214Po, 210Pb, …) émet des rayonnements alpha ou béta et ce sur des durées de demi-vie parfois longues (par exemple 21 ans pour 210Pb).

Rôle des habitations

Dans les vallées de la Dyle, de la Thyle, de l’Orne et de leurs affluents, à l’intérieur de bâtiments faiblement ventilés et peu étanches vis-à-vis du sous-sol , on peut constater des concentrations nettement supérieures à la normale. D’une façon générale, un bâtiment assèche le terrain sous-jacent, ce qui accroît la perméabilité; de plus, dès que l’intérieur du bâtiment est plus chaud que l’extérieur(quasiment toutes les nuits et 3 journées sur 4 !), par un effet de cheminée, la bâtiment joue le rôle de pompe aspirante pour l’air du sous-sol.  Le danger potentiel est aussi plus élevé pour une maison bien isolée que pour une maison plus ancienne siège de courants d’air.

Risques sanitaires et normes

Les propriétés cancérigènes des radiations sont connues depuis plusieurs dizaines d’années. Le risque de cancer augmente avec la durée de l’exposition au radon et avec la concentration du radon dans l’air respiré. On peut imaginer que de faibles dommages occasionnés par une faible irradiation seront réversibles. Les études comparées de mortalités dans les zones géographiques distinctes à expositions moyennes au radon différentes sont variées et parfois contradictoires. L’étude des victimes du cancer du poumon indique un effet multiplicateur du risque associé au tabac. On considère que l’exposition au radon, pendant toute une vie, à une concentration de 200 Bq/m3 induit un risque de décès de 1% par cancer broncho-pulmonaire. La Commission Européenne recommande une norme de 400 Bq/m3 dans des bâtiments existants et 200 Bq/m3 pour les nouveaux bâtiments. Rien n’indique clairement qu’il y ait un seuil de concentration au-dessous duquel le risque serait nul.

Détection du radon

La seule manière de savoir si une habitation est polluée par le radon est d’en mesurer la concentration. Il existe des détecteurs dit actifs (mesure en continu et instantanée) ou dit passifs (exposition du détecteur pendant un certain temps et analyse ultérieure en laboratoire). Les détecteurs passifs sont les plus utilisés. En fonction de leur type, il doivent être placés quelques jours (mesure par charbon actif) ou quelques mois (mesure par traces alpha). Ils sont soit placés par un technicien soit par l’occupant lui-même. Le dépistage doit toujours se faire au moins dans une pièce occupée au rez-de-chaussée. On recommande d’éviter les mois d’été et de réaliser une exposition du détecteur durant au moins trois mois. Les détecteurs avec modes d’emploi sont en vente en pharmacie ou à l’ISRAIN qui fournira le rapport d’analyse. (prix indicatif d’un détecteur avec analyse : 30 euros).
Si vous pensez être dans une zone à risque, vous pouvez prendre contact avec le Service environnement de la Commune: 010 620 625

Remèdes

Dans les cas de contaminations importantes, la solution consiste le plus souvent à évacuer le radon des caves et des vides sanitaires par une simple ventilation. Dans d’autres cas, une mise en dépression du sous-sol par rapport à la maison est nécessaire. Dans le cadre des primes à la réhabilitation, la Région wallonne peut fournir une aide financière lorsque le montant des tavaux nécessaires dépasse un certain seuil.

Lexique :

(1) gaz noble ou rare : se dit d’un corps caractérisé par son absence de réactivité chimique, sa structure est tellement stable qu’il ne se combine avec aucun autre corps.

Bibliographie:

Anonyme, 1995. Plan d’Environnement pour le Développement durable en Région wallonne. Ministère de l’Environnement des Ressources naturelles et de l’Agriculture pour la Région Wallonne,  pp 47-51. 
Anonyme, 2000.
 Le radon en Brabant wallon. Petit guide à l’usage des particuliers. Province du Brabant wallon, Service de l’environnement, 28 p. 
QUINIF Y. & CHARLET J.-M., 1991.
 Le radon dans les habitations, aspects géologiques du risque. Ministère des Affaires Economiques. Service Géologique de Belgique, 74 p.

Adresses et Sites utiles : 

Ministère de la Région Wallonne, D.G.R.N.E. (Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement) Service Publication 15, avenue Prince de Liège, B-5100 Jambes (tél : 081.32.56.87). 
Province du Brabant wallon, 
Service de l’environnement 25, chaussée des Nerviens, B-1300 Wavre (tél 010.23.63.20) pour les premiers conseils, renseignements et orientation. 
Ministère de la Région Wallonne, D.G.R.N.E.
 (Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement) Service Publication 15, avenue Prince de Liège, 5100 Jambes (tél : 081.32.56.87) vente des cartes géologiques. 
Service géologique de Belgique :http://www.sciencesnaturelles.be/science 
Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire
 : https://afcn.fgov.be/fr

J. PH. LEFIN 05/08/2001 màj JPhL 23/07/2005