Situation

La ferme est implantée sur la plateau du Chenoy et insérée dans les bois de ce nom, au nord-nord-est de l’Arbre de la Justice. Ce domaine est une dépendance de l’Abbaye cistercienne de Villers-la-Ville. Une superbe allée de tilleuls mène à la propriété.

Histoire

L’abbaye de Villers fit construire la « grange » du Chenoy vers 1200. L’une des ailes du bâtiment servait de demeure au maître de la ferme et sa famille, l’autre aux travailleurs et valets. La ferme contenait de vastes étables, des granges et greniers où l’on trouvaient une brasserie, un pressoir pour la fabrication du vin, de la bière et de l’huile.
Vers 1795 le Chenoy est vendu à un particulier par l’administration française. Ses terres et ses cultures couvraient alors près de 135 ha. En 1798, l’ensemble est racheté par François-Dominique Mosselman. En 1883 le domaine est vendu à Gustave Boël.

Ferme du Chenoy

Architecture

La ferme comme du temps du sénateur Mosselman est le fleuron du domaine.
On y pénètre par une haute tour-porche datée de 1830 qui donne sur une immense cour pavée oblongue. Ce solide corps de logis fut construit par Théodore Mosselman.

Sur la droite la longue aile fut édifiée au XVIIIe s. Elle abrite les étables sous fenil, coiffées d’une bâtière d’ardoises à croupettes et caractérisées par des trappillons métalliques qui permettaient de verser la nourriture dans les mangeoires. Elle se prolonge au nord-est par les écuries, couronnées de voûtes véliformes retombant sur quatre belles colonnes à chapiteaux octogonaux. Au nord, peint en jaune, le château (XIXe) borde de sa façade néo-classique le mur de la ferme.
Au fond de la cour, la grange volumineuse du type « en long », (ouverte par deux portails aux pignons) représente le bâtiment le plus important. Elle n’est plus accessible que de l’intérieur de la ferme par deux portes charretières. Abritée par une bâtière d’ardoises à croupettes, elle fut remontée au XIXe s. mais conserve des parties médiévales en moellons de grès schisteux. Le mur-pignon nord est quasi intact et date  du XIIIe; le mur-pignon sur cour des XVIIIe et XIXe. Plusieurs traits architecturaux de cette grange sont similaires à ceux du réfectoire de l’abbaye de Villers. Les ouvertures sont de style gothique, les contreforts sont construits suivant le même principe de retraite, la maçonnerie est semblablement en moellons schisteux.
À l’intérieur, la magnifique charpente se distingue par son assemblage en pièces rayonnantes elle évoque des réalisations en métal; elle a été remontée au XIXe.
Les huit entraits du XVIII qui traversent la grange en sa nef centrale ont été sciés pour faciliter l’engrangement.

Usage actuel

Aujourd’hui, la ferme n’est plus exploitée.

Collectif, 1996.

Sources :
 

  • Relevés de la Région wallonne, Division Patrimoine de Wavre ;
  • Folklore brabançon, mars-juin 1984 ;
  • Patrimoine monumental de la Belgique, Min. Comm. française, 1974 ;
  • Architecture rurale de Wallonie, Éd. Mardaga, 1992 ;
  • Quelques fermes remarquables de Court-Saint-Etienne, Éd. du Patrimoine Stéphanois a.s.b.l., 1996.