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En 1886, la famille Goblet obtient une concession isolée au point central du cimetière et une entrée particulière avec grilles. Le premier plan du cimetière se dessine: la concession Goblet d’Alviella située au centre vers lequel convergent quatre allées perpendiculaires divisant le cimetière en quatre rectangles.

Le comte Eugène Goblet d’Alviella (°Bruxelles 1846 – †Bruxelles 1925) charge l’architecte Adolphe Samyn d’établir les plans d’un mausolée et lui indique les divers signes et emblèmes, empruntés aux principales religions et symbolisant l’Infini et l’espoir de survivance, qui devront être gravés sur le monument. L’inscription « L’Être unique a plus d’un nom » figurant au-dessus des colonnes, résume bien la pensée du comte Eugène Goblet d’Alviella. Rappelons que ce dernier fut professeur d’Histoire des religions à l’ULB puis recteur de cette université avant de devenir sénateur et ministre. Il fut aussi membre de l’Académie Royale et haut dignitaire dans la franc-maçonnerie. Il a publié de nombreux ouvrages et écrits.

L’architecte Adolphe Samyn (°Bruxelles 1842 – †Bruxelles 1903) basera son projet sur d’anciennes tombes hindoues possédant souvent deux étages surmontés d’une coupole. Le matériau de construction sera la pierre bleue extraite des carrières de Soignies et de l’Ourthe. L’exécution du monument est due à Georges Houtstont (°Paris 1832 – †Saint-Gilles 1912), sculpteur à Bruxelles. Débutés en 1886, les travaux ont été achevés en 1888 ou 1889 (la date précise de fin des travaux est indéterminée à ce jour faute de document probant). En 1889, le mausolée était achevé. La plupart des membres de la famille Goblet d’Alviella y sont inhumés depuis le Lieutenant général Albert.

Georges Houtstont a apporté une contribution majeure à l’ornementation architecturale au cours du dernier quart du 19e siècle et pourtant son nom est quasiment retombé dans l’oubli. Pour approcher ce sculpteur hors du commun, un article lui est consacré sur ce site.

Dominant le cimetière de ses douze mètres de hauteur, ce mausolée est assurément un des plus originaux monuments funéraires de Belgique. Il a été classé « patrimoine exceptionnel de Wallonie » le 23 septembre 1988.

Sur les parties planes des piliers et des colonnes, ainsi que sur la face des quatre linteaux de l’entablement sont gravés des symboles et des inscriptions. Afin de les faire ressortir sur le ton de la pierre bleue, ces symboles et inscriptions sont relevés d’or mat. Des photos des symboles représentés sur le mausolée, ainsi que des textes explicatifs de ces symboles (repris du document publié par Adolphe Samyn) sont détaillés dans les pages suivantes :

Sources :
SAMYN (Adolphe), « Un essai d’application de la symbolique comparée à l’architecture funéraire : cimetière de Court-Saint-Étienne », Liège, Claesen, 1889, 12p.

Photographies
 :

  • Jean DECHAMPS avril 2004
  • Gérard NOËL 2011

J. Ph. LEFIN juillet 2004
J. Ph. LEFIN maj août 2005
G. NOËL maj décembre 2011