Cette propriété se situe au cœur du village, derrière l’église. Elle passa par mariage aux comtes Goblet d’Alviella dans le milieu du 19e siècle et resta depuis dans cette famille.

L’origine du complexe castral, juché sur un éperon dominant les confluents de la Thyle, de l’Orne et de la Dyle, remonte probablement à la seconde moitié du 12e ou au début du 13e siècle. C’était sans doute alors une tour en matériaux durs, accompagnée de fossés, de bâtiments d’exploitation agricole, etc.
Rien de tout cela ne subsiste.

Le château des Temps modernes :

Pasted Graphic
source : Wikimedia

La gravure d’Harrewyn, talentueux graveur de vues de villes, châteaux et abbayes, datant probablement de 1664, montre un château de style traditionnel à pignons en escalier, dont les dépendances longent l’abside de l’église. À droite, on distingue un jardin régulier occupé aujourd’hui par un très beau jardin potager et ses serres du 19e siècle ainsi que par un collection de buis. Un fait important à signaler est le maintien d’une première cave se situant à l’angle sud-est du château actuel. Cette cave possède une voûte en berceau et la descente d’escalier présente un dispositif de succession d’arcs en plein cintre en pierre. Ces vestiges architecturaux datent vraisemblablement du début des Temps modernes et apportent une preuve matérielle de l’existence du château au 16e siècle, celui très probablement qui figure sur la gravure de 1664.

Le château du 18e siècle :

Un plan figuratif de 1743, commandé par le propriétaire, le comte Philippe-François de Varick, et encore conservé au château actuellement, permet de dire qu’il s’agit d’un simple quadrilatère fermé, entouré de prairies, de jardins et de vergers. La permanence du site peut se justifier par la présence des caves en comparaison avec la situation du château en 1743. En effet, la distance actuelle entre l’église et les caves semble la même que sur le plan cadastral. De plus, le corps principal du château du 18e siècle est plus ou moins identique à celui qui subsiste maintenant. Dès lors les caves, en tant que sources matérielles, constituent le noyau à partir duquel les multiples fondations se sont succédé depuis le 16e siècle jusqu’à nos jours.

Le château actuel :

Pasted Graphic

L’ensemble castral des 17e – 18e siècles dont il vient d’être fait état, disparut, selon Ph.-J. Lefèvre, en 1783, pour faire place, au même endroit, en 1788, à une imposante bâtisse de style classique. Ce château, constitué aujourd’hui d’un corps de logis en L à deux niveaux de brique et pierre bleue sous une bâtière mansardée d’ardoises, a subi, surtout au 20e siècle, de nombreuses transformations extérieures qui n’ont pas modifié fondamentalement sa structure globale : agrandissement du perron côté nord, dépendances accolées côté ouest dont le corps transversal remonte à la fin du 19e siècle, voire au début du 20e.

Après un incendie en 1947, le toit à la Mansard est reconstruit sur base de plans antérieurs.

Le parc :

Le château domine un magnifique parc d’une étendue de plus de 20 ha, classé en 1976. Cette œuvre de Félix Goblet d’Alviella est toujours entretenue et améliorée par la famille aujourd’hui.
Vous trouverez plus de détails sur ce parc à la page « Parc Goblet ».


Bibliographie :
Brigitte Chanteux, « Le Château », Le Folklore brabançon : numéros 241-242, mars-juin 1984.
Jean-Pierre Hendrickx, « Le Château », Cercle d’Histoire, d’Archéologie et de Folklore de Court-Saint-Étienne : cahier n°1-1995 – la rue du Village.