La ferme de Beaurieux est située au cœur du hameau de
Beaurieux (Belriu ou Bellus Rivus : belle rive), sur une vaste prairie
bordant l'Orne et entourée de quelques autres bâtiments remarquables: Ferme de
la Vallée (XIXème S.), Moulin de Beaurieux (XIXème S.), petites maisons en
briques (XVIIIème S.).
La ferme de Beaurieux, aussi appelée ferme de la
Baillerie, dépendait jadis d'un château aujourd'hui disparu et que l'on situe
à quelques centaines de mètres vers Court-Saint-Étienne. Ce château dépendait
de la seigneurie de Walhain. Les baillis de Walhain y séjournèrent
occasionnellement, ce qui explique la seconde appellation de la ferme.
Les murs extérieurs et les toitures de la ferme ont été
classés en 1988.
C'est un quadrilatère irrégulier, datant du début du
XVIIIème siècle (1721). Il est composé de bâtiments de briques et de mœllons
qui entourent une cour pavée de pierres calcaires et une vaste fumière
anciennement pavée de mœllons de schiste.
Le portail en anse de panier possède un encadrement de
calcaire à larges claveaux, sous un double rouleau de briques. Il est coiffé
d'une bâtière d'ardoises et d'éternit à croupes. Il servait de colombier.
De part et d'autre du portail, des annexes basses qui abritaient une porcherie sous un poulailler à gauche, une remise et une étable à droite.
La grange, située à droite du portail, est un vaste
volume en mœllons et briques limité par des pignons débordants surmontés de
pinacles. Le pignon du côté du portail est daté par des ancres.
La grange est construite suivant le principe des granges
en long (portes charretières situées de part et d'autre du bâtiment, dans les
pignons).
La charpente, supportée par huit piliers en briques et mœllons
présente une caractéristique peu commune: la présence de doubles arbalétriers.
À gauche du portail, s'étendent deux ailes d'étables et
d'écuries sous fenils.
Celle qui est la plus proche du portail est également la
plus ancienne. Elle est contemporaine de la grange et du corps de logis, mais a
été surélevée au XIXème siècle. Elle présente trois portes cintrées à
encadrement de pierre blanche.
La seconde aile, plus récente, abritait les chevaux. Ses
ouvertures d'accès ont été transformées au milieu du XXème siècle et
consistent à présent en de larges baies à portes coulissantes qui devaient
permettre l'entrée des premiers tracteurs.
Le corps de logis bas et tout en longueur, est également
daté par ancres (1721). Il a été construit sur les bases d'un bâtiment plus
ancien dont subsistent encore les caves. Il a servi d'habitation pour les
domestiques alors que les maîtres occupaient la Ferme de la Vallée. Il a
ensuite été agrandi vers la gauche, par réaménagement d'une ancienne étable.
Il est encore prolongé par deux anciennes étables qui servaient à abriter les
jeunes bêtes et les taureaux.
Ces différents bâtiments sont limités par des pignons débordants
surmontés de pinacles et couverts de bâtières de tuiles.
À l'arrière de la ferme se trouve encore l'ancien
fournil dans lequel se trouvait jadis le four à pain. On y voit encore une
grande cheminée.
La ferme n'est plus en exploitation depuis le mois d'avril
1994.
Elle est en cours de restauration et trouve
progressivement une nouvelle affectation: les propriétaires habitent le corps
de logis depuis le début de l'année 1995 et souhaitent consacrer les dépendances
à des activités culturelles et récréatives.
Sources
:
-
Relevés de la Région wallonne, Division Patrimoine de Wavre.
- Folklore
brabançon, mars-juin 1984.
- Patrimoine monumental de la Belgique, Min. Comm. française, 1974.
- Architecture rurale de Wallonie, Ed. Mardaga, 1992.
- Quelques fermes remarquables de Court-Saint-Etienne, Ed Le Patrimoine Stéphanois
a.s.b.l., 1996
Collectif 1996